Leonard Gianadda

Des œuvres aux vins : les passions de Léonard Gianadda

18/04/2023

Leonard Gianadda

À Martigny, difficile de parler culture sans évoquer Léonard Gianadda. À l’origine de la fondation qui porte son nom, il a transformé sa ville en véritable lieu de passage pour l’art et les idées, entre expositions majeures, sculptures en plein air et rencontres inattendues.

Une vie où tout devient matière à création

Rien dans son parcours n’est linéaire, et c’est sans doute ce qui le rend si singulier. Ingénieur, journaliste, photographe, archéologue amateur, collectionneur passionné : Léonard Gianadda a toujours refusé de choisir une seule voie. Il les a toutes empruntées, souvent en parallèle, avec cette curiosité constante pour ce qui se construit, se découvre ou se transmet.

Membre de l’Académie des Beaux-Arts sous la Coupole et décoré à plusieurs reprises, jusqu’à la Légion d’honneur au grade de Commandeur, il a surtout consacré son énergie à rendre l’art accessible, vivant, presque quotidien.

Martigny, la fondation et l’idée du partage

À Martigny, la Fondation Gianadda est devenue bien plus qu’un musée. C’est un lieu où l’on vient autant pour voir que pour rencontrer, où les œuvres dialoguent avec le public sans distance excessive. À cela s’ajoute un engagement plus discret mais tout aussi important : une fondation sociale destinée à venir en aide aux personnes en difficulté.

Un épicurien qui préfère la table aux discours

À 88 ans, Léonard Gianadda continue de cultiver une forme d’élégance simple : celle du plaisir partagé. Le vin fait partie de cet équilibre, mais jamais seul. Il l’associe toujours à un moment, à une saison, à une table.

Un verre de Petite Arvine bien fraîche à l’apéritif, une assiette d’asperges au printemps avec un Fendant, et surtout cette idée constante que le vin n’a de sens que s’il accompagne quelque chose de vrai.

Du Château d’Yquem aux vins valaisans

Il se souvient des grandes découvertes de sa jeunesse, des Sauternes comme le Château d’Yquem, des grands Bordeaux et Bourgognes qui faisaient rêver une génération entière. À l’époque, les vins suisses semblaient encore discrets dans le paysage.

Aujourd’hui, le regard a changé. Il observe avec intérêt l’évolution des vins valaisans, capables désormais de tenir tête aux grandes références européennes, sans jamais chercher à les imiter.

Le vin comme prétexte au lien

Pas de quête de rareté à tout prix, ni de collection figée. Ce qui compte, c’est le moment et les personnes autour de la bouteille. Une belle découverte partagée vaut mieux qu’un grand nom isolé.

C’est dans cet esprit qu’il raconte volontiers ses moments autour du vin : simples, spontanés, souvent imprévus, mais toujours liés à la rencontre.

Un souvenir avec la famille Rouvinez

Parmi ces instants, il garde en mémoire une soirée particulière chez Didier de Courten pour le 75e anniversaire de la maison Rouvinez. Une célébration où l’on parle autant de vin que de transmission, de travail bien fait et de fidélité à une certaine idée de l’excellence.

Et parfois, au détour d’une conversation, une remarque légère suffit à résumer l’essentiel : les liens ne se voient pas toujours au premier regard, mais ils se construisent dans le temps, comme les plus beaux vins.

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